Guérir le pénis n'est pas guérir l'homme impuisant

R. PORTO (Marseille)


Résumé :

La sexologie contemporaine, fondée sur des bases fonctionnelles et une approche symptomatique, tend à court-circuiter le "sujet".

De plus, clinique et thérapeutique ont suivi les progrès de la physiologie, ce qui incite encore plus à n'agir que sur l'organe.

En outre, une extension abusive du concept d'insuffisance érectile a aggravé l'instrumentalisation des dysfonctions érectiles (DE) et mis encore plus l'accent sur la périphérie.

Les index d'évaluation des DE ont remplacé les classifications étiopathogéniques par une taxonomie super descriptive mais simplificatrice : d'où une perte du sens. Or les DE sont également corrélées significativement à la qualité de vie et de relation.

En outre, une séparation stérile entre recherches fondamentale et clinique a en quelque sorte désincarné l'érection qui est devenue un processus seulement neurovasculaire et chimique.

De surcroît, comme une insuffisance peut en cacher une autre, plus les traitements deviennent partiels et plus ils risquent de négliger les vrais problèmes. Fort heureusement, toute une frange de la sexologie, notamment en Europe, a su apprécier la vague pharmacologique sans se laisser "noyer" : avec, par exemple l'émergence du concept de vulnérabilité ou de tempérament qui redonne du sens a la DE.

C'est pourquoi l'évaluation et le traitement doivent toujours se faire selon un double registre biosomatique et psycho-symbolique.



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